RDC : « Les jeunes doivent entreprendre dans le secteur agricole pour stopper l’importation en denrées alimentaires », Hanania Batufidisi, entrepreneur agricole

Par Jean-Hilaire Shotsha

Dans son souci de promouvoir l’entrepreneuriat des jeunes congolais, Blog du Citoyen s’est entretenu avec Hanania Batufidisi, entrepreneur agricole. Au cours de cet entretien, il a appelé les jeunes à se lancer dans l’entrepreneuriat agricole afin de stopper l’importation des denrées alimentaires. (Interview)

Hanania, qu’est qui motive ton choix d’investir dans l’agriculture?

Mon choix d’investir dans le secteur agricole se motive d’abord du fait que je suis Agronome de formation universitaire. Ensuite, la situation de mon pays en denrées alimentaires. La RDC importe tout, alors qu’elle a des potentialités agricoles exceptionnelles. Des millions d’hectares de terres arables(fertile) inexploitées, mais nous consommons des aliments importés. En fin, le secteur agrobusiness est une source de revenus, capable de nous faire sortir de la pauvreté.

Quel est ton business model?

Mon business plan c’est l’ agroforesterie écologique, association culturelle (arbres fruitiers en association au manioc, maïs, ananas,… et patate douce). Les déchets du champ nourrissent les porcs et les excréments des porcs fertilisent le champs.

Quels sont les facteurs clés du succès que tu as enregistré jusque-là?

La discipline et la détermination. Le marché congolais est trop exigeant en denrées alimentaires. Des formations et mise à niveau phytosanitaires que j’ai bénéficié aux côtés des agronome chinois et camerounais. Des conseils d’autres entrepreneurs agricoles.

Quels les principaux obstacles auxquels tu t’es confrontés?

Plusieurs obstacles. Manque de fond pour me lancer. J’ai commencé à louer le terrain. Tu plantes, parfois faute d’argent, le sarclage devient impossible, à cela s’ajoutait la charge de mes ouvriers. J’ai échoué 3 fois et reprenais toujours et aujourd’hui j’ai tiré leçon de mes erreurs et c’est bon maintenant.

Quelles stratégies as-tu utilisées pour surmonter les difficultés ?

Je suis allé travailler chez des expatriés comme journalier. J’ai épargné durant 2 ans 50% de mes faibles revenus après j’ai eu un petit fond de démarrage. Pour ne pas éparpiller mes moyens qui étaient déjà très limités, je me suis décidé de commencer qu’avec du manioc d’abord, en association au maïs et parfois patate douce. J’utilisais qu’une main d’œuvre temporaire en lieu et place des ouvriers permanents. Sur fond propre j’ai quelques hectares, j’ai acheté des porc et j’ai diversifié les cultures, bien que je cherche toutes fois un appuis financier pour booster mon agrobusiness ,produire encore plus.

Quels types de relations entretiens-tu avec d’autres jeunes entrepreneurs agricoles congolais ou africains?

Avec les entrepreneurs agricoles congolais qui sont dans la commercialisation nous avons des relations bilatérales gagnant-gagnant. Ceux qui sont dans la production agricole , j’ai pas des contacts avec eux. Au niveau africains, on échange que sur les réseaux sociaux.

Quelles sont tes perspectives en matière d’agrobusiness?

Produire beaucoup jusqu’à a couvrir les besoins alimentaires de la ville de Kinshasa en particulier et de la RDC en général. Donner du travail aux congolais par l’entrepreneuriat agricole.

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