RDC : Le Port International de Matadi abandonné à son triste sort

Des engins de manutention en panne abandonnés au port de matadi (PH. Blog du Citoyen)

Par Jean-Hilaire Shotsha

A cause de l’irresponsabilité et de la mauvaise gestion des dirigeants congolais, plusieurs sociétés publiques sont détruites, et d’autres sont quasiment tombées en faillite. A l’instar  de la Société Commerciale des Transports et des Ports, SCTP, Ex-ONATRA, pour ne citer que celle-ci. Ça fait exactement des dizaines d’années que les engins du port international de Matadi ne sont pas entretenus, et d’autres sont délabrés. Conséquence, le trafic portuaire connaît une baisse sensible et entraîne la chute des recettes pour le compte du trésor public.

Plusieurs facteurs entravent le disfonctionnement et la performance du port public, notamment la mauvaise qualité des équipements de manutention qui y sont exploités. Presque toutes les grues de rivage sur le rail ne sont pas opérationnelles. Chose étonnante, ce grand port du pays n’a qu’un seul engin qui fait la manutention.

La quasi-totalité des engins de manutention en panne

Photo Blog du Citoyen

Incroyable mais vrai. Sur le port international de Matadi, plusieurs engins de manutention ne fonctionnent plus. Sur les trois en marche, un seul résiste, les deux autres tombent en panne de temps en temps. Ces derniers jours, travailler au port public est un véritable casse-tête, constat fait par blog du citoyen.

Photo Blog du Citoyen

« Le port de la SCTP traverse une situation de crise absolue. Pas d’engins de manutention, nous faisons deux ou trois jours juste pour charger le container sur le véhicule. Aujourd’hui par exemple, le camion est entré depuis 9h, nous sommes 17h maintenant, le container n’est pas encore chargé parce que le seul engin en marche aujourd’hui décharge le navire », fait savoir Guy, commissionnaire en douane.

Un engin entrain de charger un container (PH. Blog du Citoyen)

Et de poursuivre « C’est le seul engin qui décharge des navires et containers à l’export, positionne les containers pour l’ouverture et les charge pour la sortie. Si vous n’avez pas d’argent pour corrompre le machiniste ou une autorité du port, vous pouvez faire plus de 72 heures sans charger ».

Coupure d’électricité à répétition, un autre obstacle

Machines à l’arrêt, pas moyen de faire passer le planning, d’imprimer les bons d’enlèvement et de sortie, travail stoppé au port international de Matadi. Ces coupures mettent à rude épreuve les importateurs qui sont souvent obligés de payer le retrait tardif des marchandises suite au retard causé par le transitaire lui-même.

« Nous avons déjà le planning, le container est chargé. Il nous reste que le bon de sortie de la SCTP. Il n’y a pas du courant, nous patientons peut-être, ils auront de l’argent pour acheter le carburant et allumer le groupe électrogène », dit Ekofo, un agent d’une agence en douane. Selon lui, si le container ne sort pas aujourd’hui, comme nous sommes samedi, lundi la SCTP va facturer le retrait tardif alors que c’est elle-même qui a causé le retard.

Principal et plus grand port de la République démocratique du Congo avec une capacité de manutention de 2.500.000 tonnes ; il constitue le point important d’importation et d’exploitation. Il est équipé de 10 quais pour une longueur totale d’accostage de 1.610m. Ce port qui, jadis gérait environ 90% de tous les frets maritimes, a aujourd’hui perdu sa compétitivité depuis la mise en place de Matadi Gateway Terminal (MGT), port privé.

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