RDC : Est-ce Légaliser l’avortement est une importation de l’occident ?

Briser le tabou des femmes et des jeunes filles congolaises sur l’avortement reste l’un des défis majeurs de l’ONG IPAS. Voilà pourquoi, dans le cadre de sa deuxième phase de campagne de sensibilisation qui débute ce vendredi 27 novembre au dimanche 20 décembre 2020 axée sur parlons avortements.

Cette structure spécialisée sur les droits à la santé sexuelle et reproductive a, au cours d’une enquête réalisée lors de la première phase de sa campagne, dévoilé que plus ou moins 400 femmes meurent chaque jour à Kinshasa suite aux avortements clandestins. Mais, face à ce fléau, le silence est coupable. Cette campagne axée sur trois problématiques a pour objectifs de diffuser la bonne information sur les droits à la santé sexuelle et reproductive reconnus aux femmes et filles en RDC, parler que des évidences afin de permettre à chacune de prendre des décisions éclairées et briser les stéréotypes sur cette thématique.

Les us et coutumes

Plusieurs personnes entendues sur le terrain considèrent la légalisation de l’avortement comme une importation occidentale qui n’est pas de culture, dite « bantoue ». Et pourtant, ce n’est pas le cas ! Tenez bien, à l’époque les femmes maitrisaient les vertus abortives de certaines plantes et les utilisaient loin de toutes considérations médicales avec tous les risques incombant. C’est le cas de « pondu, Kongo Bololo, ngadiadia… »

Faisant obstacle à l’avortement, cette mentalité rétrograde et hypocrite ne fait que pousser les filles (ou les femmes) désireuses d’accéder aux services d’avortement en recourant aux méthodes peu conventionnelles et souvent très dangereuses pour leurs vies.

Les réalités et barrières sociétales

Le rejet, la stigmatisation, les jugements et tant d’autres, l’avortement a toujours été appliqué dans la société malgré ces barrières. Plusieurs femmes ou jeunes filles qui font recours aux services d’avortement pensent comme si elles n’avaient plus droit à la vie. « Aucune femme n’avorte par gaité de cœur » répète à tout moment le Dr Jean-Claude Mulunda, Directeur pays de Ipas.

La religion

Dans un pays qui se dit chrétien, comment expliquer un taux élevé d’avortements ? Se questionne cette structure.

Ce n’est quand-même pas les non-croyantes seules qui gonflent ces chiffres. Ce qui est sûr, ce sont les femmes sans distinction de religion, de tribu ni d’origine… Ce sont les femmes tout court !

C’est sur ces 3 problématiques que vont se dérouler la sensibilisation à travers des visuels, vidéos, billets de blog, enquêtes, débats (Facebook-Live)… car « interdire l’avortement n’empêche nullement sa pratique ». Bien au contraire, cette interdiction le rend dangereux et surtout celui-ci est pratiqué dans de mauvaises conditions et souvent par des personnes non qualifiées.

Ni la société, ni la coutume encore moins la religion ne devraient mettre la santé d’une femme en danger.

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