RDC : Au Sankuru, les mineurs exploités dans le petit commerce

Élève de 3e primaire entrain de vendre des bananes plantains

Par Jean-Hilaire Shotsha

En République démocratique du Congo,  les lois semblent être bafouées par ceux qui sont sensés de les faire respecter. Comme à Kinshasa et partout dans le pays, la province du Sankuru n’est pas épargnée par cette exploitation des enfants aux activités de survie sous l’œil impuissant des autorités de la province. Ils sont tous des mineurs et je les ai rencontrés dans les rues, écoles, marchés et grandes artères de la ville de Lodja, et du village Hiambe, dans le territoire de Lodja.

Les uns vendent des bananes plantains, cacahuètes, bambous, bois, ‘’agene’’, d’autres exercent des petits métiers, cireurs des chaussures, cordonniers, vernisseurs, et les autres sont devenus transporteurs de vélo…

C’est devenu une routine dans la province du Sankuru en générale, à Lodja et Hiambe en particulier. Il n’est pas rare de circuler sans croiser des enfants qui traînent dans la rue, ou qui s’adonnent aux activités génératrices de revenus. C’est un phénomène qui inquiète plusieurs observateurs qui s’interrogent sur l’avenir de ces enfants.

Ils sont encore enfants et devraient aller à l’école, malheureusement, ils se lancent dans la débrouillardise pour gagner un peu d’argent. Certains parmi ces enfants rencontrés exercent le petit commerce pour se faire scolariser. « On nous a demandé 1000fc à l’école, mes parents n’ont pas d’argent ; ils m’ont donné ces bananes plantains pour vendre », nous dit un élève de 3ème primaire rencontré dans l’enceinte de l’école primaire Hiambe.

Toujours à l’EP Hiambe, j’ai rentré un autre élève entrain de vendre les cacahuètes pour régulariser sa situation scolaire.

Un élève de l’EP Hiambe vend les cacahuètes pendant les heures de cours

Dorcas (nom d’emprunt), élève de 4ème des humanités fabrique Agene ‘’boisson alcoolisée » pour payer les frais scolaires. « Nous payons 30.000FC par trimestre, j’ai soldé le premier trimestre, le deuxième j’ai payé que 10.000FC. Je fabrique cette boisson alcoolisée ‘’Agene’’, mélange de maïs et manioc, pour vendre et trouver terminer les frais à l’école », m’a-t-elle dit.

La filles des humanités qui fabrique agène pour se scolariser

Se lancer dans le petit commerce pour nourrir la famille, reste le seul moyen

Enfant mineur vendeur des bambous dans les rues de Lodja

Si certains enfants se lancent dans le petit commerce pour se faire scolariser, les autres c’est pour trouver de quoi nourrir leurs familles. C’est le cas de Fiston Ndjeka, âgé de 16 ans, orphelin de père qui vend des bois pour nourrir sa mère et sa petite sœur. « Chaque jour, je suis obligé d’aller acheter des bois avec mon vélo, à 35Km de la ville de Lodja, pour venir vendre dans la ville et trouver de quoi manger. Un exercice très difficile pour moi », explique-t-il.

A ce jour, ce phénomène laisse entendre beaucoup d’interrogations sur l’avenir de ces enfants qui pour la plupart, sont exploités par leurs propres parents pour la survie de la famille, à cause de l’irresponsabilité de l’Etat congolais. Cette quête acharnée du gain n’est pas sans conséquence sur la scolarité de ces enfants car, nombreux ne vont pas à l’école.

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