Pas d’impôt sans État, découvrez la pensée économique de Lumumba

Par Joslin Lomba

17 janvier 1961-17 janvier 2021, cela fait 60 ans, jour pour jour, depuis que patrice Emery Lumumba fut assassiné. Une mort atroce qui avait brusquement interrompu l’espoir qu’avait suscité par le peuple congolais, l’indépendance obtenue dans la douleur. Depuis lors, sa pensée économique comme de toute son œuvre fait l’objet de plusieurs interprétations, selon qu’on soit dans tel ou tel courant philosophique.

« Sans impôt pas d’État, sans État pas de règles, et sans règles pas de société », telle est la pensée économique de Patrice Emery Lumumba.

Interrogé sur l’expression « kulipa manjanja » (payer l’impôt en swahili) utilisée lors de son meeting à Bagira, l’ex Premier-Ministre congolais s’était appesanti sur la question de l’impôt. « Sans impôt, il n’y a pas d’Etat » observait-il. Il fit part de sa détermination à mener une vaste et longue campagne de mobilisation pour amener le citoyen congolais à intérioriser la nécessité d’accomplir ses obligations fiscales.

Sans impôt, l’Etat ne peut acquérir les moyens de développer l’économie nationale et de répondre aux besoins d’une population aspirant au progrès matériel. « Si l’Etat recueille suffisamment d’impôts, il pourra construire des écoles, des universités, des hôpitaux, des routes et des ponts, des chemins de fer, des aéroports et des usines pour transformer nos matières premières », disait-il.

A une époque où les questions concrètes de gestion du pays, particulièrement sur le plan économique, semblaient ne pas beaucoup intéresser les politiciens, on ne peut que s’émerveiller sur la précocité de la pensée de Patrice Lumumba.

Son bref passage à la tête du Gouvernement congolais, soit deux mois et 21 jours seulement n’a pas non plus faciliter les générations futures à cerner la portée de sa vision économique. L’essentiel de ses idées pour le nouveau Congo se trouve dans ses nombreux meeting et réunions politiques, tenus même avant l’indépendance, et qui peut-être résumé en quatre points.

Indépendance tourné au cauchemar

A ce jour, l’indépendance pour laquelle est mort Patrice Lumumba a tourné au cauchemar pour le peuple congolais. Certes, l’interventionnisme des forces néo-colonialistes et impérialistes a très largement contribué à dessiner l’orientation désastreuse prise par la RDC depuis des années.

Chaque fois que le peuple congolais a voulu se débarrasser des dirigeants corrompus et au service des forces d’exploitation, une puissante coalition des forces étrangères s’est mise en mouvement pour l’en empêcher.

Cependant, il faut aussi reconnaître, au fil du temps, la pleine responsabilité des élites congolaises dans la détérioration continue de la situation du pays. Ces élites, surtout lorsqu’elles accèdent au pouvoir, deviennent pires que les mercenaires. Elles participent au pillage, sans précédent, de leur propre pays et à l’aggravation de la misère de leur peuple. Ces élites indignes ont atteint un degré de technicité élevé dans la perpétration du crime de pillage et ont significativement accru leur rôle de collaborateurs au service des compagnies minières internationales peu scrupuleuses et autres groupes financiers maffieux.

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