Kinshasa : Quand les promoteurs d’écoles corrompent les inspecteurs de l’EPST

Photo Média-Congo

Par Joslin Lomba

La corruption s’exhibe sous différentes formes dans la capitale kinoise. Dans les entreprises, dans les cours et tribunaux, dans les affaires et même dans l’enseignement, pour ne citer que ceux-là, elle s’est faite une place. Si à l’université, on la surnomme parfois branchement, eh bien, en 6ème des Humanités ça s’appelle suivie. Examinons les faits.

Depuis plus de 10 ans, le ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et technique a instauré un système d’inspection dans les écoles, en vue de s’enquérir de la qualité des enseignements, du respect des normes, des conditions d’études et de la vérification des dossiers des élèves. Parfois, il s’avère que certains dossiers dédits finalistes soient douteux ou incomplets. C’est en ce moment-là que lesdits inspecteurs sont tenus de taxer des sommes équivalentes à 10.000fc ou 20.000fc par candidat (élève).

« Le contrôle des dossiers des élèves est un système à la fois informel et formel. Il enrichit les inspecteurs du secondaire. Lorsque ces inspecteurs viennent dans nos écoles, envoyés par le ministère de l’EPST, étant donné que nous connaissons en avance leurs désirs, nous leurs donnons une somme d’argent sur base de l’effectif total des élèves en terminale », explique un promoteur d’une école privée à Bumbu. Et d’ajouter, « Ce montant que nous donnons dépend de l’effectif de l’école, parfois nous déboursons plus de 150.000 FC », a dit ce promoteur qui a requis l’anonymat.

Pendant les préparatifs d’examens d’Etat, des promoteurs ou Chefs des écoles privées, publiques et conventionnées sont obligés de multiplier des rencontres avec les inspecteurs, question d’harmoniser les dossiers des élèves. De là, ont vu le jour la notion de suivi et préventes des Items. « Nous dépensons des milliers de franc congolais pour donner aux inspecteurs, aux chefs de centres, aux surveillants, aux agents de l’Agence nationale de renseignement (ANR) afin que nous puissions acheter toutes les épreuves de l’édition d’examen d’Etat, l’examen de dessin industriel pour des options techniques ainsi que la possibilité d’infiltrer des mercenaires y compris les surveillants moyennant une somme d’argent », a-t-il fait savoir.

Contacté à ce sujet, l’inspectrice principale de la province éducationnelle de la Funa, Madame Ndaya MAYIBUNGI, qui supervise plus 220 écoles s’est dit ne pas être au courant de cette pratique. « Moi, je ne suis pas sur le terrain alors il m’est difficile que je sois au courant de ces inspecteurs corrompus », a-t-elle expliqué.

La corruption est un acte condamnable et punissable à au moins deux ans de prison selon l’article 147  du code pénal congolais qui stipule : « Tout fonctionnaire…des personnes énumérées ci-dessus, tout arbitre ou tout expert commis en justice qui aura agréé des offres, des promesses, qui aura reçu des dons ou présents pour faire un acte de sa fonction, de son emploi ou de sa mission, même juste mais non sujet à salaire, sera puni de six mois à deux ans de servitude pénale et d’une amende…»

Cette situation empoisonne la société congolaise, devenue pour les uns, un sport national ou principale source d’enrichissement non seulement des hommes en cravate mais aussi des inspecteurs du secondaire, enseignants, promoteurs des écoles, et Chefs d’établissement tant publics que privées de la ville de Kinshasa. C’est un fléau qu’il faut combattre de la manière la plus efficace, car le système éducatif reste le socle de développement d’un pays.

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