Kinshasa : Quand la spéculation et la psychose du taux de change prennent la place de la BCC

Un tableau affichant le taux de change à 1700FC au rond-point Forescom (Photo BDC)

Par Joslin Lomba

C’est depuis un certain temps que le franc congolais a fait une descente totale aux enfers. Parti de 2050FC pour un dollar américain, les cambistes ont décidé de baisser le taux. Et voilà, le taux de change varie d’un changeur à l’autre. 1800FC et 1700FC pour un dollar pour ceux du centre-ville, 1600FC, 1500FC,… pour ceux de la cité. Une situation qui n’a aucun impact sur le marché car le panier de la ménagère ne suit pas la baisse du dollar face au Franc congolais. Les prix des denrées de première nécessité n’ont pas baissé.

Tout a commencé dimanche 2 août 2020 dans la soirée. Jusqu’à ce mardi 4 juillet le pays continue à traverser un fait spéculatif dû au taux de change. Pire encore, cette spéculation a créée une psychose au sein de l’opinion, auquel n’est pas banal pour les uns ou qu’il s’agisse seulement d’un simple coup de force d’un groupe de gens aux motivations politiques ou d’une anticipation sur les mesures attendues.

Nombre entre ces cambistes affichent des taux apparemment intéressants mais qui ne font aucune opération dans un sens ou dans l’autre. Dans certains coins reculés, des malins ont profité du vent pour réaliser rapidement quelques opérations avant de disparaitre dans la nature sans laisser des traces. Voilà en ce qui concerne les différentes manifestations du phénomène spéculatif du taux de dollar.

Plusieurs congolais ont perdu de vue qu’en janvier 2019, après la proclamation de l’actuel président par la Commission électorale nationale indépendante (CENI), nous avons vécu la même spéculation qui n’a duré entre deux à trois jours.

La semaine passée, le Comité de Politique Monétaire, sous la pression du Gouvernement, a annoncé une série de mesures destinées à soutenir la devise nationale qui est le franc Congolais. Est-ce que ce sont les effets de ces mesures? Entre temps, la Banque Centrale du Congo n’a pas encore fixé le taux de change sur le marché.

Ce que devrait faire la BCC

En réalité les mesures de modalités de l’offre des devises par la Banque Centrale du Congo, BCC, aux Banques commerciales devraient changer. Avec à la clé, un contrôle plus rigoureux devrait s’exercer sur l’origine des fonds des cambistes et l’exercice de leur métier pour mieux encadrer et limiter autant que possible les mouvements spéculatifs qui envahissent le pays. Pour bien augmenter des devises, la BCC doit obliger sans complaisance les opérateurs miniers à rapatrier 60% des recettes en devise de la vente des produits miniers conformément aux articles 211, 270 et 269 du code minier mais ce qui n’est pas le cas.

Beaucoup d’autres mesures doivent être envisagées comme la vente par adjudication et la pression devrait aussi s’exercer sur les opérateurs de télécoms qui jouent avec le taux sur la vente de crédit et mégas. Il en sera de même pour les brasseurs et autres agents qui ont l’habitude de brasser de grosses masses d’argent puis se précipiter sur le marché pour acheter les devises.

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