Journaliste de presse en RDC, le pire métier et mal payé

Par Jean-Hilaire Shotsha

En RDC, les journalistes couvrent les manifestations et les revendications salariales des fonctionnaires. Et pourtant, ils vivent eux-mêmes un calvaire. Qui parlera à leur place ? La question reste posée. Entre violations des droits et contrats inexistants, les professionnels de la presse sont dans la rue. L’absence d’un contrat du travail les expose à plusieurs difficultés. La plupart d’eux vivent dans une grande précarité malgré des lourdes charges horaires. Un métier plein de stress avec un salaire modique, parfois sans être et pour cause la mauvaise foi des patrons des médias. Le journalisme en RDC est une passion, pas un métier.

Pire métier

Les conditions de travail des professionnels des médias laissent à désirer, surtout pour ceux des organes de presse appartenant à des privés. A Kinshasa, la plupart de journalistes ne sont pas couverts par un contrat de service. Ils sont soumis au diktat de leurs patrons qui les insultent au vu et au su de tout le monde.

Pendant que l’article 43 du code du travail impose à l’employeur l’obligation conclure avec l’employé un contrat de travail. Au-delà de six mois d’essai, l’employeur est considéré comme ayant signé un contrat à durée indéterminée. Les relayeurs des revendications des autres ne savent-ils pas? Sans contrat, les journalistes sont obligés de céder aux états d’âmes de patrons de presse. Ils imposent des règles strictes, ils ont des droits mais jamais des devoirs.

« Notre patron a interdit à tous les journalistes de collaborer avec un autre média ou à être fonctionnaire. Une consœur a été révoquée juste parce qu’elle collabore avec une agence de presse de la place », témoignage d’un journaliste d’un média kinois.

Un salaire de misère

Sous-payés pour certains, pas payés pour d’autres, les journalistes congolais travaillent dans des conditions médiévales et leur situation demeure précaire. Sans contrat de travail, ils ne savent même pas revendiquer leurs droits. S’ils sont les amplificateurs des voix des autres, ils n’ont personne pour amplifier les leurs et sont exposés. En RDC, certaines maisons de presse paient 50$ (cinquante dollars américains) le mois pour un journaliste.

« Lui au moins il paie 150$, dans notre média on paie 50$ le mois », témoignage une journaliste qui a requis anonymat.

Pire, d’autres rédactions rémunèrent au prorata. Le journaliste ne gagne que la rétrocession de ce qu’il ramène à la rédaction. Conséquence, ces journalistes sont devenus quémandeurs voire des mendiants et ont perdu le respect des règles d’éthique et de déontologie du métier. Par manque d’une bonne enveloppe salariale certains sont devenus les défenseurs des politiciens. Ce métier très noble au Congo-Démocratique est détruit plus par les professionnels de médias qui sont devenus des patrons. Si rien ne se fait, la presse se meurt à petit feu en au Congo-Kinshasa.

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