Joe Washington Ebina : «Nous plaidons pour l’intégration des albinos dans les programmes d’aide sociale»

«La lutte contre la discrimination à l’égard des albinos ne doit pas s’arrêter qu’au président Mwimba Texas et à sa fondation», déclare Joe Washington Ebina, défenseur des droits de l’homme brazzavillois. (Photo JDC)

Interview réalisée par Prisca LOKALE

Entrepreneur, Joe Washington Ebina est plus connu dans son pays, le Congo-Brazzaville, pour ses actions sociales et ses interventions en faveur des personnes vulnérables, les albinos en particulier. C’est dans ce cadre que ce défenseur des droits de l’homme a pris activement part à la célébration de la 4ème Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, organisée le 28 juin dernier au Jardin botanique de Kinshasa. Cérémonie qui a coïncidé avec le 20ème anniversaire de la Fondation Mwimba Texas. Au ‘Journal du citoyen’’, il explique l’enjeu de cette rencontre.

Vous avez activement pris part à la célébration, à Kinshasa, de la 4ème Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme. Quel est le leitmotiv qui vous a poussé à vous engager dans le combat en faveur de cette couche de la population ? 

Joe Washington Ebina : Je suis, tout d’abord, venu à Kinshasa en qualité de responsable de la Fondation Ebina. Une fondation qui s’est illustrée au Congo-Brazzaville par ses actions sociales, humanitaires et par sa lutte contre toute violation des droits de l’homme. Chaque année, en effet, nous organisons au moins deux activités en faveur des albinos à Brazzaville. Et c’est pendant ces cérémonies que nous leur offrons des vivres et plusieurs produits d’entretien de leurs peaux… C’est d’ailleurs pour cette raison que nous n’avons pas hésité à répondre à l’invitation de la Fondation Mwimba Texas, qui regroupe plusieurs albinos de la République démocratique du Congo.

Joe Washington Ebina, posant avec son diplôme de mérite aux côtés de Jhony Chancel Ngamouana, président de l_association des albinos du Congo-Brazza. (Photo JDC)
«La différence ne doit pas nous séparer les uns des autres. Elle doit plutôt être perçue comme une richesse et non une faiblesse», estime Joe Washington Ebina, posant avec son diplôme de mérite aux côtés de Jhony Chancel Ngamouana, président de l’association des albinos du Congo-Brazza. (Photo JDC)

Depuis quand existe votre fondation ?

Voici douze ans que j’ai initié et dirige la Fondation Ebina, basée à Brazzaville. C’est dans ce cadre que je tâche, dans la mesure du possible, de venir à la rescousse des personnes vulnérables, particulièrement celles qui vivent avec albinisme. Ainsi, à l’hôtel Saphir qui dispose d’une centaine de chambres, nous leur offrons des formations gratuites en matière d’hébergement, de cuisine, de gestion, de marketing… J’héberge, par ailleurs, les albinos quand ils sollicitent ma contribution lors des réunions régionales ou internationales. J’appuie, en outre, les campagnes de sensibilisation, destinées à lutter contre la discrimination dont ils sont victimes dans nos sociétés africaines, en proie à des préjugés.

En venant à Kinshasa, quel est le message que votre délégation a voulu véhiculer ?

Nous sommes venus dans cette délégation pour accompagner l’œuvre de Mwimba Texas, un modèle mondial de la lutte contre la discrimination à l’endroit des albinos. Nous soutenons à bras-le-corps son combat, d’autant plus que nous ne tolérons aucune discrimination à l’égard des albinos dans nos pays. Pour nous, ce problème que connaissent les victimes de l’albinisme relève de l’injustice sociale. Notre vœu est de voir les autorités de la République démocratique du Congo et du Congo Brazzaville s’approprier cette noble lutte. Car, il faudra que tout le monde s’implique dans ce combat, aux côtés de nos frères et sœurs albinos, pour qu’ils comprennent qu’ils ont aussi des droits comme les autres. A Kinshasa donc, nous avons apporté un message de solidarité à l’égard des albinos. Nous avons tenu à dire au monde que la différence ne doit pas nous séparer les uns des autres. Elle doit plutôt être perçue comme une richesse et non une faiblesse.

Que vous inspirent les actions que mène la Fondation Mwimba Texas ?

Vous savez que les albinos sont souvent victimes de discrimination, et que des cas de ségrégation sont légion dans nos pays. Notre souci est de contribuer à l’égalité des chances. Aussi bien au Congo Brazzaville qu’ici en RDC. Il faudra donc que tout le monde s’engage dans la lutte contre la discrimination. Ce combat de la liberté ne doit pas s’arrêter qu’au Président Mwimba Texas et à sa fondation. Il est nécessaire que toute personne atteinte d’albinisme puisse mener ce combat.

Joe Washington Ebina recevant le diplôme d_honneur des mains de Mwimba Texas lors de son séjour à Kinshasa
Joe Washington Ebina recevant le diplôme d’honneur des mains de Mwimba Texas lors de son séjour à Kinshasa. (Photo JDC)

Pour que votre lutte laisse des empreintes, quel message comptez-vous adresser aux gouvernants de tous les pays qui hébergent des albinos ?

Les gouvernements de tous les pays devraient inscrire dans leurs programmes un chapitre dans leur système d’aide sociale pour la cause de tous les albinos. Ils devraient ainsi bénéficier d’un soin particulier, étant donné que le soleil représente un handicap omniprésent pour leurs peaux. Nous plaidons donc pour l’intégration des albinos dans les programmes d’aide sociale de chaque pays.

 

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