Exetat 2021 : Voici comment les écoles ont organisé la tricherie

Par Jean-Hilaire Shotsha

Près de 800.000 finalistes des humanités secondaires ont participé du 30 août au 2 septembre dernier à la session d’examen d’État, édition 2021. Ces épreuves sont chaque année une véritable occasion pour les promoteurs, préfets et autres responsables malhonnêtes des écoles de planifier en collaboration avec certains inspecteurs véreux de l’Enseignement primaire, secondaire et technique (EPST) de s’enrichir. Ils recourent à la fraude et tricherie. Cette pratique existe depuis plus d’une décennie en RDC. Dans ce billet, notre blogueur vous explique comment certaines écoles se sont organisées.

Achat des items

Tout a commencé 48 heures, soit deux jours avant les épreuves. Les responsables des écoles, privées comme publiques, ont procédé à l’achat des items en complicité avec les inspecteurs de l’EPST. Ils coûtent 100,000FC, soit 50USD par série. Avant le 2 septembre, ces derniers étaient déjà en possession de toutes les séries des épreuves. « Pour inscrire leurs enfants en 6ème des humanités, les parents tiennent compte des résultats de l’école à l’examen d’État. Nous devons faire un bon résultat », nous dit un préfet d’une école privée qui a requis anonymat.

Laboratoire

Après l’achat des items, c’est le labo. Le laboratoire, c’est l’endroit où l’on traite tous les items. Tenez ! Il réunit les enseignants ou spécialistes dans tel ou tel autre domaine pour répondre aux questions de l’item. Et après avoir fini, les réponses sont distribuées comme des cacahuètes dans des salles d’examen. Et les élèves ne font que recopier. Incroyable mais vrai, chaque année, les finalistes paient 50 à 100USD par élève comme frais de labo. Mais cette somme dépend d’une l’école à une autre. Ces frais couvrent l’achat des items, cartes sims le perdiem des enseignants ou spécialistes ayant traité les items et à corrompre les surveillants.

Distribution des cartes sims aux élèves

Items achetés, le laboratoire se met à travailler. Les surveillants sont aussi à leur tour corrompus, les finalistes ont droit à leurs téléphones dans la salle d’examen. Par mesure de prudence, les préfets achètent des sims mobiles qu’ils donnent aux élèves, parfois celle-ci est donnée à un leader de chaque option. Les réponses sont envoyées via les réseaux sociaux (WhatsApp, Messager…) et les SMS « À l’école, on nous a donné des sims pour nous envoyer les réponses et nous les recevions chaque jour », a affirmé Trésor, (nom d’emprunt), finaliste.

Mercenariat

Pour être sûr de la réalité du terrain, les responsables des écoles ne se limitent pas à envoyer les réponses via les réseaux sociaux et SMS. Certaines écoles recourent aux mercenaires. Celui-ci peut-être professeur expérimenté en la matière ou étudiant enseignant. Ce dernier munit d’un macaron comme tout élève dans le but de répondre aux questions et partager les réponses à tous les élèves.

En RDC, le niveau de l’éducation est au rabais. Ce, à cause des mauvaises pratiques et l’irresponsabilité de l’État. L’État doit mettre en place les moyens efficaces afin de lutte contre la tricherie et la fraude à l’examen d’État.

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