Commémoration du Genocost : Une récupération politique ratée

Par Jean-Hilaire Shotsha

Ils sont réunis dans la soirée du mardi 2 août 2022, à la place des Evoluées dans la commune de la Gombe. Ils, les congolais venus commémorer les victimes du génocide congolais pour des gains économiques, Genocost. Organisé par les mouvements citoyens, ces congolais ont rendu hommages à des milliers de victimes des multiples guerres en répétition en République Démocratique du Congo en général, et dans la partie Est en particulier.

Cette commémoration a pour but, selon les organisateurs, de prouver au monde entier que les congolais sont unis et ne sont plus passifs face aux atrocités imposées par les multinationales et certains pays voisins, voulant exploiter les ressources naturelles du territoire congolais.

Il est 16h, les manifestants arrivent à la Place des évolués. Vers 16h 30’, la commémoration officielle commence avec une cérémonie traditionnelle. Un ‘chef coutumier avec un cercueil en main fait le tour du cimetière (symbolique). « Bo bomi biso mingi, stop », (Stop, vous nous avez beaucoup tués), peut-on lire sur ce petit cercueil.

Ph. Blog du citoyen

Après cette cérémonie traditionnelle, les manifestants ont observé une minute de silence pour honorer les morts avant de passer aux témoignages des victimes de ces atrocités.

Une récupération politique ratée

Alors que tout se passait bien et dans une ambiance citoyenne, les politiciens, comme d’habitude, ont voulu gâcher cette soirée commémorative, surtout la prise de parole du ministre des droits humains, Albert-Fabrice Puela.

Le ministre Puela humilié

Voulant à tout prix prendre la parole, en complicité avec les organisateurs, le ministre a été humilié par la foule qui ne voulait pas de son adresse.

« Incompétent, voleur, jouisseur, complice… quitte là, nous ne voulons pas de toi », scandait la foule, visiblement en colère, certains manifestants voulaient aller arracher le micro au Ministre Puela.

Fayulu, le gang

Pendant que les victimes venues des différentes provinces témoignaient, le modérateur prend le micro pour annoncer l’arrivée de l’opposant, Martin Fayulu Madidi.

Prenant la parole, celui qui se réclame toujours président élu de la RDC n’a pas donné place à l’humiliation. « Yo, oko bangisa nga te » (toi, tu ne vas pas me faire peur), a-t-il répliqué à un groupe de gens qui voulait hué contre lui.

Youssoupha, sans mémoire nous ne sommes même pas congolais

Droit tiers

Prenant part à cette manifestation, le rappeur franco congolais, Youssoupha, a rappelé aux manifestants qu’il faut garder l’identité congolaise.

« Notre mémoire fait notre identité. On a des modèles économiques, politiques, religieux,… qui nous ont tourné de notre histoire. Aujourd’hui, c’est souvenir de nos ancêtres c’est très important. Le fait qu’on ne parle pas de nos ancêtres, d’autres viennent parler de notre histoire mais dans le faux », dit-il.

Genocost, ce que les mouvements citoyens réclament

Les mouvements citoyens exigent au gouvernement de se rendre à l’évidence de l’échec des mesures inefficaces pour ramener la paix dans l’Est et de mettre fin à la mise en place d’une force régionale conjointe en RDC. La mise en place du mécanisme de justice transitionnelle y compris un tribunal spécial pour le Congo en charge de juger les auteurs des crimes graves depuis 1990, peu importe leurs nationalités, leurs fonctions ou leurs statuts.

Ils attendent aussi du gouvernement le soutien nécessaire au processus mémoriel en rebaptisant l’actuelle place des évoluées en place des victimes du “Genocost” et en érigeant une stèle en leur mémoire…

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