30 juin 1960 – 30 juin 2020 : 60 ans après, la RDC toujours dans la dépendance totale

Par Jean-Hilaire Shotsha

Le 30 juin de chaque année, la République démocratique du Congo célèbre son accession à ‘’l’indépendance’’. 60 ans après, pouvons-nous parler de l’indépendance ou de la dépendance ?

Notre Blogueur pense que la dépendance tient la roue. Le pays de Lumumba est toujours dépendant dans plusieurs secteurs entre autres agro-alimentaire, économique, industriel, sécuritaire et même politique vantée depuis le 30 juin 1960.

Situation agro-alimentaire

Au pays de Kasavubu, plus de 80% des produits alimentaires viennent de l’étranger alors que la RDC dispose des potentialités agricoles exceptionnelles. Des millions d’hectares de terres arables(fertile), non cultivées. Ce secteur devrait être le poumon de l’économie du pays mais négligé par le Gouvernement congolais qui alloue que moins de 2% du Budget national dans l’agriculture. Or, seul ce secteur peut booster le développement du pays lorsque les agriculteurs ont un bon système d’irrigation.

Cette situation entraine le pays dans l’insécurité alimentaire totale. Et aujourd’hui, la RD Congo est le deuxième pays le plus touché au monde par l’insécurité alimentaire. Un paradoxe pour un pays qui compte 80 millions d’hectares de terres arables, mais dont seulement 10% sont exploités.

Situation Sociale

Le pays riche en sol et sous-sol. Mais la vie sociale des Congolais est marquée par la persistance de la misère. Pire encore dépendante des aides de l’extérieur. Par manque d’une politique efficace d’aide nationale, plusieurs ONG ou organisations internationales sont en mission humanitaire, pour porter assistance aux congolais victime des atrocités, maladie… Cette aide extérieure est relativement bien accueillie par les nombreuses victimes de la pauvreté.

Situation sécuritaire

L’implication d’acteurs étrangers en RDC est installée de longue date. Le pays est le théâtre d’accueil de la plus grosse opération de maintien de la paix de l’ONU avec 20 000 casques bleus présents sur son territoire. Et pourtant, leur impact sur le conflit reste faible malgré leur présence.

Situation politique

Les interférences des ambassadeurs dans la politique de la RD Congo et la main tendue des politiciens congolais à la politique extérieure ne permettent pas le pays de jouir son indépendance politique. Comme l’indépendance du pays a été accordée à l’étranger (Table ronde de Bruxelles) les congolais doivent toujours recourir à l’aide internationale pour accéder au pouvoir ou comment?

De Kasavubu à Kabila Joseph, je n’en reviens pas. Je reviens au récent événement de l’accession de l’UDPS au pouvoir.

Du Château du Lac, à Genval, dans la banlieue chic de Bruxelles (Belgique, ancienne colonie de la RDC) à Nairobi (Kenya) en passant par Pretoria (Afrique du Sud) et Genève (Suisse), l’opposition congolaise était toujours à la recherche du pouvoir. Pas au Congo Kinshasa mais à l’étranger. Plusieurs réunions étaient financées par des multinationales et autres nations étrangères. Tout s’est négocié à l’extérieur du pays.

Cher(e)s congolaises et congolais, il est temps de prendre conscience et travailler pour avoir notre indépendance. Aux dirigeants de la RDC, je demanderai de faire de la date du 30 juin, une journée de réflexion en organisant des colloques sur les faits qui bloquent la vraie indépendance que nous devons acquérir.

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