Par Joslin Lomba

Ce dimanche 24 janvier 2021, Félix Tshisekedi a totalisé deux ans à la présidence de la République démocratique du Congo. Deux ans de crises politique, économique, sociale, sanitaire, etc. Deux ans mis à profit par le Chef de l’État pour installer son pouvoir et affaiblir ses alliés.

Le 24 janvier 2019, plusieurs Congolais poussaient un ouf de soulagement. Sous pression interne et externe, Joseph Kabila remettait l’écharpe de la présidence à l’opposant Tshisekedi, première transition sans effusion de sang en RDC depuis l’indépendance en 1960.

Crise politique

Au scrutin du 30 décembre 2018, Félix Tshisekedi était élu président. Les pro-Kabila conservaient la majorité à l’Assemblée, au sénat et dans les 26 provinces. Ces résultats ouvraient la voie à une coalition entre le Front Commun pour le Congo de Kabila et le Cap pour le Changement de Tshisekedi. Le Chef de l’État gouvernait depuis son accession au pouvoir en janvier 2019 avec le FCC qui détenait le poste de Premier-Ministre, les deux tiers des 65 ministères.

Le 14 décembre 2020, le président Tshisekedi a décidé de mettre fin à la coalition FCC-CACH en créant la formation d’un nouveau gouvernement d’« union sacrée », pour tourner la page des « humiliations » qu’il affirme avoir subies au sein de la coalition avec son prédécesseur Joseph Kabila.

« Malgré les efforts que j’ai déployés, les sacrifices que j’ai consentis et les humiliations que j’ai tolérées, cela n’a pas suffi à faire fonctionner harmonieusement cette coalition », a-t-il affirmé lors de son adresse à la nation.

À l’Assemblée nationale, où le Front commun pour le Congo disposait en principe d’une large majorité, les députés ont voté la destitution du bureau dirigé par Jeanine Mabunda, une fidèle de l’ancien locataire du Palais de la Nation, Joseph Kabila.

Crise économique

Le gouvernement congolais a annoncé le 16 octobre, avoir adopté son budget pour l’année 2021. Celui-ci est fixé à 6,8 milliards $, bien loin des 11 milliards annoncés pour 2020. Les autorités expliquent cette baisse par le coronavirus qui a provoqué un ralentissement de l’économie nationale.

Ce budget semble surtout être un véritable aveu de faiblesse de la part du Président Tshisekedi qui n’a toujours pas réussi à concrétiser les engagements pris de réduire la pauvreté et de relancer l’économie nationale. L’adoption, en ce sens, d’un budget 2020 à 11 milliards $, censé initier la nouvelle stratégie de réduction de la pauvreté en RDC a suscité de vives critiques, car jugé irréaliste par de nombreux observateurs.

Pour rappel, le président Félix Tshisekedi a annoncé au début de son mandat, vouloir sortir la majorité de Congolais de la pauvreté d’ici fin son mandat.

Crise sanitaire

La République démocratique du Congo est en proie à une crise sanitaire complexe depuis deux dernières années. À la crise sanitaire Ebola s’est ajoutée la Covid-19.

Crise sociale

La pauvreté est persistante (77,1 % de la population vit avec moins de 1,90 USD par jour), les inégalités et le sous-emploi sont élevés. Alors qu’on croirait manger trois fois par jour comme promis lors de sa campagne électorale, deux ans après son investiture, le sociale ne s’améliore pas. La RDC est toujours l’un des premiers pays du monde frappé par la crise alimentaire.

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